Le saint baiser

 

Quand on se retrouvera à l’église, une question très pratique va être à l’ordre du jour. Comment allons-nous nous saluer ?

N’est-il pas écrit : Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Rom 16/16; 

1 Cor 16/20; 2 Cor 13/12; 1 Thess 5/26

Comme le paiement sans contact, allons-nous pratiquer le baiser sans contact ?

Quand on rencontre des chrétiens anglo-saxons on découvre que notre culture latine plutôt tactile, n’est pas universelle.

Le baiser de salutation semble par contre bien présent dans le Nouveau Testament. 

le baiser est qualifié de « saint » c’est à dire exempt de pensées impures et d’hypocrisie.

 Il exprime le réel plaisir qu’ont les chrétiens de se retrouver, la conscience d’appartenir ensemble à la famille de Dieu.

Il est l’expression de l’amour fraternel (agapè). 1 Pier 5/14 « baiser d’affection »1 (agape en grec).

Dans l’histoire de l’église, le sujet est devenu un point de théologie assez compliqué selon les cultures et les convictions des uns et des autres.

Justin Martyr dès le 2e siècle, dit que ce « baiser » faisait partie de la célébration de la sainte Cène (Première Apologie chLXV) Cela n’offre pas la certitude que Paul ou Pierre en faisait déjà une recommandation cultuelle et liturgique.

Est-ce qu’on le fait une fois, deux fois, ou trois fois, un baiser « trinitaire »?

Plus proche de nous (ou pas), au 19e siècle, on trouve une traduction anglaise où le verset a été transformé par « serrez-vous la main » (traduction J.B.Philips) pour coller au plus près avec les pratiques culturelles.

Pour aujourd’hui, il est essentiel de comprendre que l’accueil et la salutation que nous nous adressons entre chrétiens doit dépasser et sublimer la culture et la politesse.

Cela fait pleinement parti de notre soumission au commandement du Seigneur pour ses disciples : « Aimez-vous les uns les autres » 

On peut imaginer au début de l’église le bouleversement pour les nouveaux chrétiens. Des esclaves et des maîtres, des hommes et des femmes, des juifs et des grecs vont se saluer d’une manière égale sans aucune distinction. Pour l’époque, c’est un bouleversement.

Comme tous les signes, ils peuvent être vides et creux.

Marc 14. Judas embrassa Jésus. Ce n’était pas un signe d’affection mais le signe d’une trahison.

Dans les actes des apôtres, les responsables de l’Église d’Ephèse « se jettent au cou de Paul pour l’embrasser » (Act 20/37). Il y avait là l’expression d’une affection amplifiée par les circonstances. Les chrétiens ont appris qu’ils ne verraient plus l’apôtre.

En se saluant, quelle que soit la manière, les chrétiens doivent respecter cette exhortation biblique dans la mesure où le geste reflète la sainteté dans la vie de chacun, et l’amour fraternel sincère l’un pour l’autre. 

Retenons ce passage. Rom 15/7« accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueilli, pour la gloire de Dieu. »

Qu’importe l’expression pourvu que l’accueil soit à la hauteur de la gloire de Dieu.

Alain Larrey
www.alainlarrey.com

 

Catégories: actualites

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